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Jalon supplémentaire à la traduction francaise des oeuvres complètes de Freud, cet inédit en français, publié par Freud en 1891, apparaît enfin grâce a l'excellente traduction de Claude Van Reeth. Dans une longue préface, qui contient une très utile revue de la littérature disponible à ce jour, Roland Kuhn situe le travail de Freud dans le contexte général de l'approche neurologique et psychiatrique des aphasies en soulignant l'originalité de Freud dont certaines conceptions neurologiques sont encore d'actualité aujourd'hui. Le terme d'agnosie désignant les troubles de la reconnaissance d'objet, constituera dorénavant un nouveau chapitre de la neuropsychologie qui fut ouvert par Freud.
Je ne m'attarderai pas cependant à cet aspect du livre (Les Aphasies constituent en effet son premier livre) de Freud, pour m'arrêter davantage à ce qui dans son travail pré-psychanalytique laisse d'espace en creux pour toutes les recherches ultérieures de l'auteur.
1891. Freud, après l'épisode de la cocaîne (1883-1885), première transgression par rapport à ses maîtres pour s'aventurer vers une recherche originale et personnelle même si cela fut un échec cuisant, après la découverte de la suggestion et de l'hypnose, s'intéresse parallèlement à la neurologie du cerveau et à la thérapie de l'hystérique, quitte à devoir s'opposer une nouvelle fois à ses maîtres, en particulier Meynert et Breuer. A lire les textes de cette époque, on se rend compte combien Freud se débat dans un parallélisme psycho-physiologique en recherchant avidemment les liens entre le soma et la psyché. Le texte sur les aphasies se trouve manifestement au coeur de cette recherche. Ne se contentant pas de décrire statiquement des localisations cérébrales, Freud est a l'affut de la dynamique de leur fonction.
En décrivant l'appareil du langage, Freud construit la matrice qui portera l'appareil psychique (ce concept d'appareil psychique est de Meynert). Son analyse du “mot”, de la “représentation de mot” et de la “représen