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Il y a quelques mois, j'ai relu “Au-delà du Principe de Plaisir”.
Durant cette lecture, j'ai été frappé par un aspect qui ne m'était encore jamais apparu.
En effet, que nous dit Freud dans ce texte? En substance ceci: de façon à rendre compte de certains faits d'observation, je vais lancer une hypothèse, une hypothèse tout à fait gratuite. Une hypothèse pour voir. Rassurez-vous, je la trouve aussi étonnante que vous. A vrai dire, je ne sais même pas si j'y crois moi-même. Peut-être cette hypothèse fera-t-elle long feu mais nous ne risquons rien à l'émettre et à examiner, presque par pur zjeu intellectuel, jusqu'où elle peut nous mener. Cette hypothèse est la suivante: à côté des Pulsions de Vie que nous connaissons bien, ne serait-il pas pensable d'imaginer qu'il existe une autre série parallèle mais tout aussi réelle: les Pulsions de Mort?
Nous savons quel fut l'accueil réservé par les analystes à la Pulsion de Mort. Comme le fait remarquer GREEN dans l'introduction de “Narcissisme de vie, Narcissisme de mort”, en 1971, soit 50 ans après la parution “d'Au-delà du Principe de Plaisir”, la réunion à Vienne de l'Association Psychanalytique Internationale centrée sur le problème de l'agressivité permit de se rendre compte à quel point la quasi-totalité des analystes continuaient à demeurer sceptiques à l'égard de la Pulsion de Mort. Seuls, les kleiniens faisaient exception mais il faut reconnaître qu'ils donnaient à cette notion un sens assez différent de FREUD.
Cette attitude générale des analystes que GREEN met en évidence est tout compte fait assez étonnante.
Il semble en effet que l'immense déployement de précautions oratoires de FREUD dans “Au-delà du Principe de Plaisir” ait parfaitement réussi et ait totalement déguisé le sens réel du texte.