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Aussi bien Freud que Mélanie Klein nous invitent à considérer la structure des objets - avec ses corrélations dans le moi et le surmoi - comme une dimension essentielle des états de deuil et de dépression, j'accepte ici comme hypothèse de travail, le principe de l'unité fundamentale des états de deuil, de dépression et de mélancolie, en tant que manières plus ou moins réussies d'affronter ce que Mélanie Klein a appelé “La position dépressive”.
Je ne crois pas trahir la pensée de Mélanie Klein en affirmant que, pour elle, le point central de l'évolution psychique normale ou pathologique réside dans la forme ou les formes par quoi l'individu peut s'accommoder de cette situation: soit par une régression partielle aux processus de la position schizoparanoide, soit en ayant recours aux défenses maniaques, soit en restant partiellement paralysé dans des états de deuil impossibles à élaborer, soit en progressant dans la voie de la réparation, de la discrimination et de l'assimilation. Mon expérience anaiytique m'a confirmé dans l'idée qu'il existe un deuil mal élaboré à la base de chaque état psychopathologique -idée d'ailleurs implicite dans le rôle que jouent l'introjection et la projection libres d'obstacles dans le développement psychique.
Dans les états de la série dépressive, le processus de deuil ne peut aboutir, et le sujet reste fixé, de façon plus ou moins déguisée, à un objet qu'il ne peut, ni faire revivre, ni laisser mourir tout à fait. On dirait que la personne, dans un état dépressif, vit dans un état de soumission à un objet mortvivant, bien que celui-ci n'apparaisse pas au début dans le matériel analytique manifeste. Ce n'est que grâce au travail analytique que cet objet se montre de façon de plus en plus claire et nous permet d'étudier sa structure et ses caractéristiques.
Mélanie Klein décrit ce type d'objet dans plusieurs passages; déjà en 1934 (“Contribution to the psychogenesis of the manic-depressive states”, in Contributions to Psycho-Analysis”,