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Le titre m'avait accroché, il me parlait d'une réalité cruelle aux sources et aux visages multiples, il connotait pour moi une souffrance indicible qui cheville l'être, le sien et le mien, j'entends: celui du patient et celui de l'analyste.
D'emblée le propos que je lus rejoignit cette attente, explorant trois champs cliniques où le “complexe haine-souffrance” s'avérait détérminant: la paranoía, le masochisme, l'apathie. De prime abord, il me semblait ne rien en connaitre, et sans cesse je me mettais à m'y reconnaître.
La paranoîa d'abord, dans sa relation essentielle au corps maternel: la vision apocalyptique cherchant à mettre à l'abri, dans un fantasme d'indestructibilite; le désir actif de féminisation du corps chez l'homme, à l'exemple de Schreber, comme la forme d'un delire salvateur (Freud, Segal) contre l'engloutis-sement dans la “folie”, et plus particulièrement encore, la mobilisation homosexuelle comme amorce de guerison; la haine du père dans la paranoia féminine, en conséquence d'une idealisation et d'une reconnaissance sans retour. La persecution apportée par le couple, spécialement dans la scène primitive, dessine le danger d'une image maternelle omnipotente, au detriment d'une figure paternelle considerablement affaiblie. Ceci n'est pas sans rappeler la pensée de Klein sur les ravages d'un trop persistant fantasme des parents combinés.
Le masochisme, ensuite. La causalité, concernant le monde, l'altérité et l'autré sexué, y sert de fil” conducteur et éclaire la variété des réponses. (Plus d'une fois, je pensai aux “Destins du plaisir” d'Aulagnier, totalement consacré à ce thème). C'est le problème des origines qui se trouve ainsi posé, avec ce qu'il peut contenir d'intolérable. Deux exemples cliniques indiquent comment le fantasme masochiste cherche à organiser la réalité de souffrance et abordent tout naturellement les affinités électives entre paranoia et masochisme. Des ici, une solution de “dégagement” se dessine à travers l'organisation masochique.