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Ne pas dire la vérité sur les choses. Dire comment les choses sont vraiment.
Est-ce dire la vérité que de présenter les choses telles qu'elle sont, sans se préoccuper de la façon dont l'auditeur entendra ce qu'on dit ? N'est-ce peut-être là qu'une vérité jésuitique, et la réelle sincérité ne consite-elle pas plutôt à tenir compte de la personne de l'auditeur et à lui fournir un tirage fidèle de son propre savoir ?
Le mot d'esprit et ses rapports avec l'inconscient, p. 173 de la traduction française.
Commençons par une histoire vraie.
Il y a quelques mois se tenait à Beaubourg une exposition de peintres conceptuels espagnols. Parmi les oeuvres présentées, figurait un “ready made” intitulé “Cadavre en boîte”.
La veille du vernissage, le conservateur du musée visite l'exposition en compagnie des artistes. Il s'extasie devant le “Cadavre en boîte” et complimente son auteur: “Vous ne m'aviez pas dit que vous étiez aussi hyperréaliste, Monsieur, bravo, je n'ai encore jamais vu un moulage de cadavre qui ressemble autant à un cadavre. Mais, dites-moi, comment faites-vous pour produire une odeur aussi nauséabonde ? Ca pue vraiment le cadavre”.
“C'est normal, répond l'artiste, c'est un cadavre”.
“Allons, ne vous moquez pas de moi. Dites moi votre secret”.
Il n'y avait pas de secret. C'était un vrai cadavre.
Le conservateur eut une formidable indigestion.