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Cette réflexion pourrait traduire un franc désappointement ou une secrète ironie. Parions pour celle-ci, en constatant d'emblée, avec les nostalgiques du passé, que le rêve n'est plus ce qu'il était ! Trêve de plaisanterie, notre propos entend faire écho à quelques considérations, que j'illustrerai ensuite.
1. Une première remarque, et non des moindres, porte sur la distinction classique entre latent et manifeste. Chacun en mesure l'importance, l'incomparable fécondité et même l'inéluctable nécessité. Et cependant, il n'est plus possible de penser aujourd'hui la clinique du rêve selon cet unique vecteur.
D'où vient cette distinction, sinon de l'existence du refoulement et de la force de l'inconscient ? Même si Freud établit certains rapprochements avec la psychose, le modèle dont il s'inspire pour fonder sa théorie est celui de la névrose. Or, avec la dérive des pathologies, l'investigation plus appuyée des “indications”, la reconnaissance forcément tardive de la multiplicité des fonctionnements à l'image des aléas de la génétique, tout un champ s'est présenté à l'analyste, en partie déjà présent, devenu plus audible, qui a pour noms : structure narcissique, état limite, séquelles autistiques, fonctionnement symbiotique, ou que sais-je encore ?
La distinction freudienne reste pertinente, là où le tissu psychique se trouve constitué. Là où le sujet en reste aux balbutiements de son identité, à la recherche de son Soi, elle devient au moins momentanément insuffisante.
Là où le Soi n'est pas constitué, il n'est pas certain que le rêve y remplisse les mêmes fonctions. Censure protectrice du sommeil, peut-être. Révélateur d'un travail élaboratif de la psyché, plus certainement encore. Contenant précaire d'une “violence fondamentale” (Aulagnier) propre au pulsionnel, certainement. Winnicott notait qu'avant de parler de pulsions, il fallait bien un Soi pour les contenir.
Voilà divers niveaux, auxquels nous devrions toujours rester attentifs. Le premier nous était plus familier,