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“Hier soir, je n'allais pas très bien; j'avais joué avec ma soeur, il y avait beaucoup de poussière, je croyais que j'allais avoir une crise d'asthme et puis … cela a été bien plus horrible, pas d'asthme mais un cauchemar”.
Emilie, petite fille de cinq ans et demi, très douée intellectuellement, fait preuve d'une vie fantasmatique des plus chatoyantes. Elle est aussi très intéressée par sa vie intérieure et par son fonctionnement mental dont elle parle volontiers au cours de son analyse qui a débuté il y a sept mois.
C'est donc elle-même qui, à un moment précis de notre voyage analytique, fait le lien entre l'asthme et le cauchemar. L'accompagnant dans son questionnement et sa demande de sens, je me suis centrée sur ce mouvement de bascule du somatique au psychique, du cri à la parole, de l'irreprésentable à la représentation, du chaos mortifère de la crise d'asthme au scénario effroyable d'un cauchemar.
Cette période de grandes vacances est la première longue séparation entre Emilie et moi. En nous disant au revoir et en fixant la date de nos retrouvailles, elle avait pris conscience de la discontinuité temporelle qui ponctue la cure en même temps que de la permanence de notre relation. “Comme je ne peux pas te prendre dans ma valise, tu seras dans ma tete. Et toi, est-ce que tu penseras à moi ?”
Sans doute, la rédaction de cet article répond-elle à son désir que je puisse, séparée d'elle, penser, mettre en forme, rêver ce qui chez elle est de l'ordre du débordement.
Elle me désarçonna dès notre première rencontre. Témoignant d'un fonctionnement mental élaboré, elle comprit très vite que nous voyagions dans le labyrinthe de sa vie psychique : “les idées qui tourniolent dans ma tête” disait-elle, mais elle faisait très peu état de ses crises d'asthme dont elle ne voyait pas ce qu'elle aurait pu en dire. Pour cela, c'était le vide. Nous allions donc tenter d'aller à la rencontre de cet impensable et de cet indicible, le monde de la sensorialité et de la relation précoce m