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Pourquoi Freud n'a-t-il pas ouvert sa théorie du rêve aux remaniements de la métapsychologie? Les ajouts à la première édition de mille neuf cents n'ont eu d'autre effet que semer la confusion. Montrer, par exemple, en mille neuf cent quatorze, qu'une série de rêves (ceux d'une même nuit ou distants de plusieurs semaines) 1 peuvent constituer un tout et s'interpréter ensemble, contredit la thèse princeps selon laquelle chaque rêve est un accomplissement en soi.
“L'interprétation des rêves” s'avère être un compromis entre de géniales intuitions cliniques et les présupposés scientistes du dix-neuvième siècle- Meltzer en relève deux : l'équivalence psychisme-activité cérébrale, la réduction du sommeil à un phénomène physiologique simple, évident. Ce sont autant d'obstacles à l'investigation du sens qu'a la signification des rêves (“the meaning of the meaning of dreams”). Meltzer note au passage la rigidité des premières théories freudiennes. Mais pouvait-il en être autrement? Freud devait tout à la fois démontrer, convaincre et se défendre. A l'époque, ses découvertes (le désir infantile, le refoulement, l'analogie entre la formation du symptôme hystérique et celle du rêve) étaient littéralement inconcevables, inadmissibles.
D'entrée de jeu, Meltzer réfute l'essentiel de l'explication freudienne du rêve. Il étaye son appréciation sur d'incisives annotations, mais ne la développe guère. Née d'efflorescences locales, inséparable de la clinique, sa pensée semble réfrac-taire à la systématisation. Son jugement abrupt incite à relire Freud.
Force est de constater que Meltzer touche des points névralgiques.
Qu'objecte-til à Freud?