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L'analyse opère sur la réalité psychique, et sur elle seule. Cette affirmation banale définit le champ de l'analyste, en marque donc les bornes.
Les dispositions du cadre analytique, on l'a assez montré, visent à déployer dans l'espace-temps de la cure le maximum de réalité psychique appréhendable.
Il n'en reste pas moins vrai que, dans un grand nombre de cas, une partie importante des investissements garants de la cohésion du psychisme restent hors cure, silencieux, et souvent insaisissables pour l'analyste.
Si le repérage et le maniement des transferts latéraux et des passages à l'acte font partie de toute technique bien comprise, nous pouvons remarquer que ces expressions même impliquent la supposition que les investissements principaux sont rassemblés dans le transfert, et que ces phénomènes représentent des accidents de parcours plus ou moins réparables.
Mon propos vise des phénomènes à la limite de notre champ d'action, ou franchement en dehors de celui-ci, et pose le problème, toujours renaissant, de l'analysabilité. Je ne vais pas ici envisager l'ensemble des investissements hors cure, qui contribuent tantôt à rendre celle-ci possible, ou tantôt l'entravent. Je me bornerai à en décrire une catégorie particulière que j'ai cru pouvoir définir à partir de données cliniques.
Madame A., une jeune femme divorcée, exprime avec effort combien l'épuisent les corvées de la vie quotidienne.
Une panne de voiture, une demande imprévue de l'administration, une défaillance de plomberie, tous ces menus soucis la traumatisent comme un intolérable empiétement sur sa quiétude.
Elle exprime ceci au lendemain d'une reprise de l'analyse après une période de vacances. La veille, elle parlait de son hésitation à poursuivre une analyse tellement pénible : “vous êtes comme un mur lisse, réfléchissant, lointain”.
Elle craint de revivre ici “l'enfer vécu avec sa mère”. Cette mère, elle la ressent comme exigeante et froide. Jamais elle n'aurait répondu à son attente : ni affection, ni protectio