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… il faut laisser subsister chez le malade besoins et désirs, parce que ce sont là des forces motrices favorisant le travail et le changement …
… le psychanalyste sait bien qu'il manipule les matières les plus explosives et qu'il doit opérer avec les mêmes précautions et la même conscience que le chimiste …
Chimère : (d'après Le Robert)
1° Myth. Monstre fabuleux à tête et poitrail de lion, ventre de chèvre, queue de dragon et qui crache des flammes. Fig. Assemblage monstrueux.
2° Vaine imagination. V. Fantasme, fantôme, folie, idée, illusion, imagination, mirage, rêve, songe, utopie, vision.
3° Gros poisson (Holocéphales).
4° Biol. Organisme (surtout plante créée artificiellement par greffe) composé de tissus de types génétiques différents (appartenant à des phénotypes différents).
Ant. Fait, raison, réalité, réel.
Tant dans le sens ancien et mythologique que dans le signifié contemporain et biologique, la chimère représente un assemblage de parties hétérogènes, monstrueuses ou artificielles. J'appelle chimère analytique la relation transférentielle qui, s'ancrant uniquement dans l'actuel et le factuel, produit un assemblage hétérogène visant une illusion de totale homogénéité déniant toute différence passée ou présente. Sauf à se défaire dans un climat de haine paranoide, cette relation mène irrémédiablement à la mort physique et/ou psychique.
A partir de l'esquisse d'un cas clinique et des réflexions de Freud dans son article sur Observations sur l'amour de transfert (Freud, 1915a), je propose de repenser ces déroulements analytiques que l'on a rangés, après Freud d'ailleurs, à tort, à mon avis, dans le cadre des réactions thérapeutiques négatives.