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“Vous m'avez appris à découvrir les déceptions dont ma vie est émaillée. Mais je n'arrive pas à les transformer en quelque chose de supportable pour moi. Ma souffrance me tenaille, me taraude, mfépuise. Vous pouvez être fière de votre technique psychanalytique. Pourrez-vous jamais me délivrer de mon mal ?”.
Paroles pleines d'amertume que m'exprime une patiente. Elles traduisent avec éloquence les difficultés auxquelles analysant et analyste se heurtent dans leur rencontre avec l'affect ou, du moins, avec certains affects. Plus que tout autres, ce sont les cas limites qui nous dévoilent un univers psychique hanté d'angoisses et de souffrances dramatiques. Mais ils ne sont pas les seuls. Quelle analyse ne nous révèle pas, à un moment ou à un autre, le déferlement d'une affectivité déchaînée - déliée pourrait-on dire - dont l'intégration pose un épineux problème ?
Les interrogations suscitées par le maniement technique des affects ainsi que les moyens dont nous disposons pour y faire face sont à l'origine des réflexions qui suivent.
La clinique de l'affect ne peut s'élaborer, comme toute praxis, qu'en référence à une théorisation. C'est donc par quelques repères théoriques que je me propose d'introduire mon propos. Repères difficiles à cerner s'il en est. Le statut de l'affect s'avère, en effet, un des plus controversés au sein de la métapsychologie. Aussi ai-je choisi de retenir arbitrairement certains jalons que j'ai jugé utiles à ma réflexion. Je renvoie le lecteur soucieux d'en apprendre davantage à l'ouvrage princeps en la matière, “le discours vivant” de Green dont je mTinspire largement.
L'affect est un terme spécifiquement psychanalytique. La notion qu'il recouvre est l'héritière directe de la psychologie. L'affect peut être défini sous l'angle phénoménologique : il appartient au domaine de la sensibilité. Emotions, sentiments, émois sont autant de façon de nommer les “états affectifs” que la clinique nous donne à voir.
Les choses se compliquent considérablement qua