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“Tout peut être assumé. Tout. Sauf être tenu en deçà de la parole” (Dugardin).
L'opposition dire-faire, parole-acte, domine assurément, au regard du grand public, la pensée analytique. En caricaturant à peine, il semblerait qu'elle se propose de faire passer par les mots ce qui, sinon, se perdrait dans des actes. Chacun se rappelle la pertinente remarque de Freud, dans les “Deux Principes” (1911), sur l'économie fournie par le recours à la pensée. Et il est vrai que la technique analytique s'appuie fondamentalement sur l'intuition de la parole comme outil de base à l'intérieur d'un ensemble de conditions dénommées couramment le cadre.
Nous avons déjà eu l'occasion de montrer la fécondité du cadre analytique, spécialement en rapport avec la problématique du narcissisme, mais pas uniquement (1984). Certaines de nos remarques avaient alors dégagé l'effet favorable du cadre pour le développement d'un processus, pour le deployement des pulsions et des conflits, pour l'émergence complexe des relations. Au reste, comment pourrait-il en être autrement, s'il est vrai qu'objecta-lité et narcissisme sont les deux facettes d'une même réalité, celle de l'individu jeté dans le monde extérieur et avec lequel il devra trouver un équilibre, son équilibre ?
Notre intention est de prolonger cette réflexion, en interrogeant l'agir par rapport au cadre et à la relation qui le sous-tend. Nous y faisions déjà allusion en évoquant l'article, à certains égards révolutionnaire, de Rosenfeld, sur “le besoin des patients de produire des “actings out” pendant leur analyse” (1964). Nous entendons cependant élargir considérablement la question, en dépassant le cadre de l'acting out et en opérant une mise en cause plus générale de la vision dichotomique des choses, alimentée souvent par une insuffisante distinction entre méthode et théorisation.
A sa première séance, un patient laisse éclater sur le divan toute sa terreur et toute sa détresse. Sa terreur, au souvenir des yeux gron