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La réflexion que je me propose a été initiée par mon intérêt pour les fins d'analyse. Celles-ci peuvent être envisagées sous des angles très différents et je renvoie le lecteur à l'article de A. De Rijck qui en réalise une excellente synthèse (A. De Rijck, 1984).
Pour ma part, j'ai choisi de m'interroger sur la terminaison de l'analyse en référence à la notion de deuil : quelle est l'interférence du travail du deuil dans ce qu'il est convenu d'appeler “la phase terminale” de l'analyse ? De quel objet l'analysant a-t-il à faire le deuil après l'arrêt de son analyse ?
Je m'attendais à trouver une littérature théorique importante surce sujet. Il n'en fut rien. Cette littérature existe, certes; ainsi de certains auteurs français [Sauguet (1969), Haynal (1977), J. Cosnier (1970)] ou de post-kleiniens [Meltzer (1967), J. et F. Begoin (1982)]. Mais j'ai été frappée par le fait que les auteurs classiques de la théorie de la technique n'utilisent pas la notion de deuil quand ils décrivent les fins de cure.
Bouvet (1968) évoque la notion de “sevrage”; il prend en considération les attitudes relativement actives préconisées par Nacht pour aider le patient en perspective de la “réaction à la frustration imminente infligée par la cessation de l'analyse”. Mais, outre la prise en considération des critères de fin d'analyse et des difficultés pour l'analyste de choisir le moment de fin d'analyse, il s'étend peu sur le sujet. Glover (1955), plus prolixe, plus ouvert également aux facteurs contretransféren-tiels qui interviennent dans les décisions de fin d'analyse, parle, lui aussi, d'une phase de “sevrage”; il insiste surtout sur la nécessité de dissoudre le transfert, de le “liquider”. Par ailleurs, ces auteurs évoquent certaines caractéristiques liées aux fins de cure, notamment la recrudescence symptomati-que, l'accentuation de la régression, les réactions négatives. Mais ces manifestations restent pour eux un obstacle à surmonter plutôt que l'expression d'une conflictualisation sp