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Benjamin, 5 ans 1/2, est un petit garçon que j'ai vu en consultation pour troubles comportementaux graves, hyperkinésie, relation sado-masochique très manipulatrice avec sa maman, passages à l'acte répétés. C'est un véritable ouragan dans sa classe maternelle, à la maison, dans mon bureau. J'avais eu le sentiment, au cours de mes entrevues diagnostiques, qu'il était bien doué, disposant d'un langage pas trop mal organisé, mais présentant d'énormes lacunes dans son préconscient. Il donnait à voir des fantasmes archaïques crus très mal mis en forme et ne parvenant pas à jouer leur role économique intégrateur.
Je l'avais estimé enfant à hauts risques, fonctionnant sur un mode prépsychotique dominé par l'agi et l'instabilité extrême. Ses parents étant manifestement dépassés par les événements, incapables de le contenir et de le “cadrer”, j'avais préconisé son orientation thérapeutique vers l'Hôpital de Jour de Marcinelle.
Benjamin a fréquenté l'Hôpital de Jour pendant un an et, au cours du troisième trimestre, l'équipe a estimé qu'il avait fait suffisamment de progrès que pour proposer aux parents de le réintégrer en septembre dans une classe maternelle, d'autant qu'il obtenait un Q.I. remarquable à la WISC rénovée (+ 150). Nous avons pensé qu'il valait la peine de prendre ce risque et de ne pas retarder sa scolarité, même si son fonctionnement était encore relativement fragile. Nous avions d'ailleurs suggéré aux parents d'envisager de poursuivre le traitement de Benjamin par une psychothérapie ambulatoire.
Je passe sur les détails qui ne sont pas utiles pour mes propos, mais pour introduire ces quelques considérations sur la latence et la période de latence, je voudrais donner quelques flashs issus des premières séances de sa psychothérapie ambulatoire, que j'ai entreprise un mois après sa sortie de l'Hôpital de Jour.
Dans les grandes lignes, le matériel initial s'oriente dans deux directions :
un versant très pulsionnel qui me rappelle, en plus modéré, l'enfant “ouragan” qu