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Voici un livre d'un auteur qui m'est inconnu, bien que je puisse sans peine l'identifier comme un héritier (les premiers travaux de ce groupe remontent à plus de 25 ans …) de l'Ecole Psychomatique de Paris, un livre dont le titre m'a irrésistiblement attiré, tant il est le reflet d'intérêts actuels pour le corps et la biologie et suscite ma curiosité pour tous les problèmes d'épistémologie. Pourtant son titre - le corps entre biologie et psychanalyse - risque d'induire en erreur plus d'un lecteur. En effet, si la première partie du livre traite des rapports entre biologie et psychanalyse, la seconde partie n'a que des liens très indirects avec la biologie, en traitant essentiellement de métapsychologie psychanalytique : l'auteur nous propose une possibilité de penser économiquement les pathologies que nous rencontrons aujourd'hui sur nos divans. “Questions à la psychanalyse d'aujourd'hui” serait un titre qui répondrait mieux à ce travail qui peut intéresser tant le théoricien que le clinicien, constituant, à mon avis du moins, un des livres importants de ces dernières années qui ont été dans l'ensemble assez pauvres en publications psychanalytiques originales et créatrices.
La confrontation de la psychanalyse à la biologie n'est pas sans nous rappeler les premiers intérêts de Freud dont le projet initial - auquel d'ailleurs il n'a jamais totalement renoncé -fut de concevoir une théorie biologique de la névrose. Cette partie de l'ouvrage de C. Dejours ne vise pas une synthèse, mais peut-être plus simplement une articulation entre les théories biologiques et psychanalytiques au travers de trois charnières particulières : l'angoisse représentée ou non, symbolisée ou non avec ses niveaux de désorganisation biologique et/ou psychique; la mémoire, comprise du point de vue biologique comme une inscription moléculaire et cellulaire, mais qui, du point de vue psychanalytique, reste d'abord une théorie de l'oubli et de la déformation lors de la reconstitution; le rêve, enfin,