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Le Moi-peau, dernier livre paru de Didier Anzieu, est un livre ambitieux. Plus qu'une invitation, c'est comme un défi qu'il nous lance à nous analystes, à nos collègues psychothérapeutes et d'une manière générale à toute personne concernées par les sciences humaines et qui s'intéresse à la théorie psychanalytique : il s'agit, rien moins, que de consolider les assises de l'épistémologie psychanalytique tout en élargissant dans le même temps les pratiques et la théorie analytique à des champs de la clinique qui, bien qu'explorés depuis quelques temps déjà, restent obscurs; Didier Anzieu grâce à son concept de Moi-peau se propose de théoriser comment et pourquoi ce vécu, qui va de la naissance aux premières ébauches de la symbolisation, fait au début de sensations corporelles diffuses, va atteindre l'état d'unification nécessaire à l'existence d'un Soi permanent et continu. Exercice difficile, car il consiste à tenter de décrire ce qui par définition ne sera représenté que plus tard, ce qui voue toute tentative de “description à n'être qu'une fiction dont on ne peut connaître la réalité qu'à travers le filtre des ratés, ou supposés tels, que nous offre la pathologie; si à cela on ajoute les difficultés de méthode inhérentes à toute démarche visant à penser l'émergence de la pensée, où cette reconstruction suppose une déconstruction dont il est difficile d'estimer la portée et les limites, on comprendra qu'il s'agit toujours d'une démarche malaisée.
Faudrait-il, comme cela semble se produire le plus souvent dans les “nouvelles thérapies”, se confier au pouvoir d'un vécu ineffable qui tirerait son pouvoir curatif de la certitude de la reproduction ? Auquel cas l'on risque de se confronter aux nécessités d'une reproduction infinie 1. Dans un chapitre fort