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Le spectre très étendu d'activités mentales et protomentales que recouvre le langage ne cesse pas de poser question. Ce qui se dit entretient des rapports éminemment variables avec le factuel, le matériel, l'objet externe dans sa relation dialectique avec l'objet interne, le désir et les différentes instances psychiques.
Je tenterai ici de centrer mon propos sur les mouvances psycho-sensorielles animant la vie mentale et langagière.
Situons d'emblée le contexte en précisant que, contrairement à l'option de Lacan, je n'isolerai pas le langage d'un ensemble complexe à nombreuses facettes et de leur jeu interactif. Je pense qu'on ne peut tenter de comprendre la fonction de médiatisation du langage qu'en prenant en compte ce qu'il médiatise et comment il le médiatise. C'est dire que nous nous pencherons sur le corpsf la pulsion et l'affect tout autant que sur la pensée secondarisée.
Dans un second temps, qui n'est démarqué du précédent que pour des raisons de présentation, j'envisagerai les oscillations entre le dehors et le dedans, entre l'intra-psychique et l'in-ter-relationnel en ce qu'elles vectorisent les processus de transformation somato-psychique.
Nous partirons de l'axiome suivant lequel le langage, fût-il aussi riche, évocateur et précis que possible, ne peut rendre compte de la totalité de la vie psychique et qu'il existera toujours un reste mental ou proto-mental non langagier avec lequel la parole entretient des relations, certes, mais qui ne peuvent être que partielles. Qui plus est, il y a, comme le souligne A. Green (9), hétérogénéité de structure entre psyché et langage, la seule catégorie psychique qui fait le pont entre les deux étant la représentation.