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Je me propose de réfléchir sur les périodes de fins d'analyses élaborées à partir de trois analyses de patients “narcissiques” en insistant, plus particulièrement, sur ce que j'ai pu appréhender de mon contretransfert.
Pour introduire mon propos, j'évoquerai d'abord quelques éléments liés aux fins de cures en les référant au travail de deuil qui s'y déroule. Je préciserai ensuite quelques critères de fins d'analyses. Puis je tenterai de donner quelques caractéristiques de personnalités où domine un système défensif narcissique.
Les remarques introductives que je vous propose sont inspirées du travail de J. GODFRIND sur “Deuil et fin d'analyse” (GODFRIND, 1987) ainsi que d'un article que j'ai consacré au mécanisme de la réparation (HABER, 1987).
Nous pensons que les périodes de fins d'analyses sont marquées par une conflictualisation spécifique liée à l'imminence de la rupture: le matériel de fin d'analyse correspond à un travail de deuil anticipatif qui porte sur la perte prochaine de l'analyse et de l'analyste; travail destiné à préparer le détachement d'avec l'analyste.
Une part de ce travail porte sur la perspective de la perte de l'analyste “objet réel”, interlocuteur privilégié, attentif et bienveillant. Cette perte renvoie à celle de l'objet primaire. Elle réactive souvent les mécanismes les plus radicaux dont chacun dispose pour faire face à la crudité de toute perte. Mais elle confronte aussi à la conflictualisation qui porte sur “le détachement”, c'est-à-dire la prise d'autonomie par rapport à l'objet dont la séparation est proche.
Par ailleurs, le deuil analytique porte sur un registre qui lui est spécifique: celui du deuil de l'analyste support de projection du “monde interne” de l'analysant. On sait les théories qui considèrent le processus analytique en tant que deuil progressif des investissements libidinaux et agressifs dont l'analyste fut l'à propos et le médiateur (ABRAHAM, 1978) dans le transfert ( - HAYNAL, 1