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Que se passe-t-il après la fin d'une analyse ? Cette question ne peut manquer de préoccuper tout analyste et ce d'autant plus que c'est en dehors de son regard que se joue le destin du travail partagé avec son analysant. “Pour l'analyste, le self de son patient redevient caché, définitivement silencieux. Et c'est lui qui abritera le vrai travail du deuil qui n'est possible que dans une authentique solitude. De ce travail, l'analyste ne saura jamais rien” (1). Le mystère qui continue à planer sur cette période a initié mon propos. Le lecteur découvrira plus tard que j'ai choisi un angle bien particulier pour tenter d'en cerner certains contours.
Revenons aux moments qui suivent l'interruption de l'analyse. Certes, on peut supposer qu'il existe des relations entre l'élaboration de la fin d'analyse effectuée dans la cure et ce qui se vivra une fois celle-ci terminée. Mais il importe de souligner le caractère anticipatif de ce travail.
La période qui suit la rupture du lien analytique signe l'instauration du vrai deuil, vécu dans la solitude. Moment d'une importance fondamentale, le processus intégratif qui s'y déploie est d'une qualité spécifique, différente de celle réalisée dans l'analyse. Cette période connaît d'ailleurs ses échecs ou ses vicissitudes propres.
L'analysant a à métaboliser les manques auxquels le confronte la perte de son analyste. D'une part, il se retrouve privé des satisfactions substitutives liées à la névrose de transfert (et ce quelle que soit l'illusion de neutralité de l'analyste dans l'exercice de ses fonctions); deuil donc de l'objet analyste en tant que lieu de projection de la névrose infantile. D'autre part, il est sevré de l'écoute irremplaçable d'un analyste “objet externe” dont la fonction s'apparente aux qualités contenantes de l'objet primaire. Enfin, j'ai évoqué la fonction de support de l'“objet transitionnel” rempli par l'analyste (2).