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Rarement une relecture nous aura autant plu. Sans doute estce dû, pour une bonne part, à la richesse des associations sur le processus adolescent. La surprise est là, toute entière, dès le texte de Jensen, Gradiva, fantaisie pompéenne, éditée en tête de l'ouvrage. Comme Freud a mille fois raison de penser que le poète sait parler des choses psychiques ! Par le biais d'une passion archéologique, Norbert Hanold va progressivement voir ses yeux se dessiller et reconnaître l'attrait de Zoé Bertgang, sa proche voisine. Long détour du refoulement, prêt à dénigrer l'aujourd'hui, pour une idéalisation proche du délire. La confusion entre le réel et l'imaginaire est telle qu'on se sent parfais pris soi-même de vertige, à se demander soudain : où en est-on maintenant, dans le rêve ou la réalité ?
Cette impression s'amplifie encore, une fois passé au texte de Freud, dont on aurait pu redouter que les explications analytiques ne viennent ternir la fraîcheur du récit. Il n'en est rien, au point même qu'on ne sait plus trop si la Gradiva est toujours celle de Jensen ou est devenue celle de Freud …