You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
“Qui était Grete Lainer ?” interroge la manchette publicitaire de l'ouvrage. En principe, une jeune viennoise, auteur drun journal qui relate ses années d'adolescence (11 ans à 14 ans ¿) dans une ambiance culturelle et psychologique conforme au milieu de vie des patientes de Freud. “Ce journal est un petit joyau”, écrit ce dernier dans la préface qu'il dédia au livre dont l'édition suscita, en son temps, scandale et interdiction.
Mais aujourd'hui, la nouvelle édition nous est proposée assortie d'une information explosive : eh non ! Grete Lainer n'est pas celle qu'on croit. Son témoignage qu'on a cru naïf et innocent, serait un texte apocryphe; qui plus est, l'auteur en serait Hermine von Hug-Hellmuth, psychanlyste disciple de Freud !
L'esprit du lecteur dans sa découverte du “petit joyau” se trouve évidemment radicalement modifié selon qu'il connaisse ou non ses origines. Il est piquant de lire les deux préfaces de M. Neyraut, l'une qu'il rédigea “mystifié” en 1974, l'autre qu'ilajouta en 1988, après la “révélation”. N'avait-il pas intuitivement soupçonné le subterfuge quand il écrit en 1974 : “… Ce texte pose des questions si conformes aux réponses psychanalytiques et les questions psychanalytiques y trouvent des réponses si conformes à leur formulation que les unes et les autres semblent se compléter pour former une sorte d'emboîtement catéchétique”.
En tant que lecteur informé de l'identité de l'auteur, on ne peut s'empêcher de lire son ouvrage à l'affût des intentions