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Deux ans déjè que j'y pense à la réalité. Sûrement plus, mais deux ans que j'ai envie d'écrire quelque chose à son propos.
Pourquoi deux ans sans rien, ou alors des idées si imprécices. Quand on se penche sur le problème de la réalité, on est surpris par le fait qu'on ne peut en donner une définition simple, bien que cela paraisse, de prime abord, aisé.
“La réalité, c'est…”, on se faisait fort de régler le problème rapidement, puis on hésite, on balbutie, on s'énerve : “mais enfin c'est pourtant simple, tous les jours j'ai affaire à elle”.
“C'est quelque chose de commun aux gens sensés” peut-être … “C'est ce que je vois, ce que j'entends, ce que je sens”, oui mais justement tout le monde ne voit pas, n'entend pas, ne sent pas la même chose.
On devient prudent.
Bien que nous soyons en contact avec la réalité quotidiennement, bien que sa place paraisse naturelle, évidente, dès que l'on veut la saisir elle se dérobe curieusement à notre entendement. Pendant des siècles, les discours philosophiques, les théories scientifiques, les approches artistiques ont apporté chacun leur lot de réponses, mais, chose troublante, le débat se poursuit toujours sans que l'on ait l'impression de s'approcher d'une vérité.
“Et pourtant elle existe…”, a-t-on envie de s'écrier pour écarter le trouble qui naît. Je trouve que c'est d'abord cela la réalité, un écart très grand entre une évidence quasi intuitive, une familiarité de tous les instants et sa formulation toujours reportée.
Parler de la réalité, c'est d'abord rencontrer la perplexité.
Les idées sur la réalité sont innombrables et ce n'est évidemment pas le lieu ici de les passer en revue. Des points de vue idéalistes aux points de vue matérialistes, en passant par tous les relativismes, se pressent les dogmes, les explications, les preuves, les réfutations, le tout suivant les époques et les modes.
J'y vois deux tendances: