You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Dans le chapitre sur l'inconscient de la “Métapsychologie” (2) (1915), Freud écrit:
“La conscience ne procure à chacun de nous que la connaissance de ses propres états psychiques; qu'un autre homme ait aussi une conscience, c'est là une inférence qui est tirée, per analogiam, pour nous rendre le comportement de cet autre homme compréhensible, en se fondant sur la perception de ce qu'il dit et fait. (Il serait à la vérité plus juste, du point de vue psychologique, de décrire les choses ainsi : nous prêtons, sans réflexion spéciale, à tout être en dehors de nous, notre propre constitution, et donc aussi notre conscience; et notre compréhension présuppose cette identification). Cette inférence - ou cette identification - fut étendue jadis du moi aux autres hommes, aux animaux, aux plantes, aux êtres inanimés et au monde pris corne un tout; elle se montra utilisable tant que la ressemblance avec le moi-individuel fut souveraine, mais on put de moins en moins s'y tenir au fur et à mesure que l'autre s'éloigna du moi. Aujourd'hui, notre jugement critique est déjè moins assuré de la conscience des animaux, refuse la conscience aux plantes et abandonne au mysticisme le soin d'admettre une conscience de l'inanimé. Mais lè même où la tendance originaire è l'identification est sortie victorieuse de l'examen critique, à savoir dans le cas de cet autre qui nous est le plus proche, l'humain, l'hypothèse de la conscience repose sur une inférence et ne peut bénéficier de la certitude immédiate que nous avons de notre propre conscience”.
Je voudrais m'arrêter ici et montrer que ce texte, loin de rendre compte d'une expérience authentique, ne fait qu'exprimer les a priori d'une époque : il est erroné en ce qui concerne l'observation, faux en ce qui concerne la logique. Il est donc parfaitement inutilisable pour fonder quoi que ce soit.
En ce qui concerne l'observation. Rien, strictement rien, ne nous permet d'affirmer que, dans un premier temps, le nourrisson étende à l'univers entier l