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Dans cet exposé, je souhaite explorer certains aspects de l'interaction complexe qui a lieu entre l'analyste et l'analysé dans notre travail quotidien. BION a remarqué succinctement que, quand deux personnes se rencontrent, elles forment une relation, qu'elles l'aiment ou non; ceci s'applique à toutes les rencontres, y compris la rencontre analytique.
STRACHEY (1934) a considéré, dans un article désormais classique, qu'une vraie interprétation de transfert est celle que l'analyste craint le plus et espère le plus éviter, mais il a cependant poursuivi en disant qu'en recevant une interprétation transferentielle, le patient fait l'expérience d'exprimer des impulsions meurtrières à l'égard de l'analyste et d'entendre l'analyste les interpréter sans anxiété ni peur. STRACHEY considère donc clairement que l'expérience transferentielle complète ou profonde perturbe l'analyste; c'est celle que l'analyste redoute le plus et désire le plus éviter.
Il dit aussi qu'il est nécessaire de transmettre une interprétation au patient avec calme. C'est ce problème ambigu que je voudrais traiter; celui d'avoir à marcher sur la corde raide entre l'éprouvé perturbant et la réponse par une interprétation qui ne véhicule pas d'anxiété perturbatrice.
Alors que dans le passé, on considérait le contre-transfert comme quelque chose d'étranger plutôt qu'inhérent à l'expérience analytique, HEIMANN (1950) a montré l'importance de l'utilisation du contre-transfert comme un outil important en psychanalyse et a différencié celui-ci de la réponse contretransférentielle pathogène. Alors que cette différenciation est essentielle à notre effort psychanalytique, je voudrais montrer combien la réalité clinique est problématique. En effet, il n'existe aucune séparation absolue, mais seulement un mouvement relatif dans cette orbite.
Ce fut MONEY-KYRLE (1956) qui a considérablement fait avancer notre compréhension de ce problème en montrant combien ce