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Dans un précédent article, j'avais mené une réflexion sur le texte de FREUD “Formulation sur les deux principes du cours des événements psychiques” et je m'étais interrogé sur le statut de la réalité à travers les idées qui y étaient développées.
En fait, dans ce texte, la réalité n'est pas définie, elle est implicitement supposée comme évidente, naturelle. J'avais tenté de montrer que, dans une telle conception, le réel se présente comme une donnée indépendante de l'individu, comme ayant un mode d'existence autonome, avec ses lois auxquelles le sujet doit finir par souscrire malgré ses résistances. Dans cette logique, la maladie mentale est perçue avant tout comme une révolte contre la réalité et comme la mise en place de toute une série de moyens défensifs destinés à maintenir la pérennité du principe de plaisir. Toute l'activité psychique est interprétée dans un sens défensif. La maturation est donc tout naturellement appréciée comme le passage allant de vues archaïques sur le réel à une saine et objective vision des choses (dont la science représenterait la forme la plus aboutie).
D'un point de vue général, on sent bien dans les propos de FREUD l'influence, déterminante dans la deuxième moitié du XIXème siècle, des idées positivistes, scientistes et naturalistes qui se retrouvent dans les textes philosophiques, dans les conceptions scientifiques et dans la littérature de cette époque.
En m'aidant de deux vignettes cliniques, je m'étais efforcé de montrer que le réel n'est pas ipso facto une donnée de l'expérience, mais bien le résultat d'une construction. Le sujet ne peut entrer en contact avec la réalité que pour autant qu'il ait réussi à construire quelque chose qui puisse en rendre compte sur le plan psychique. Les activités fantasmatiques ne sont donc pas purement défensives mais permettent aussi de frayer un chemin vers le constat de la réalité. Dans ce modèle, le réel, loin d'être une évidence, est au contraire le résultat d'un travail intérieur constant qui