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Le négatif est à la mode, depuis au moins une ou deux décennies. A l'évocation de ce mot, tous ceux que réunit une culture psychanalytique commune pensent à la réaction thérapeutique négative bien sûr, à l'hallucination négative, aux travaux inspirés par Lacan sur l'absence et le manque, aux figures du vide, aux recherches d'André Green, à Bion et sa théorie du non-sein dont surgit la pensée, à l'envie, à la destructivité… C'est pour tenter d'échapper moi-même à ce pêle-mêle et peut-être de l'ordonner, que j'ai entrepris cette réflexion avec en tête la question obstinée d'un élève : le négatif, qu'est-ce que c'est ?
En fait, ce qu'il est bien prétentieux d'appeler une réflexion consistera en la mise en forme de notes de lecture car le négatif nous a valu coup sur coup la parution de trois livres, sous l'impulsion majeure de Jean Guillaumin.
Le premier paru (1) qui est l'oeuvre de ce seul auteur est un livre substantiel dont l'idée maîtresse est la présence même du négatif dans le dispositif de connaissance que la psychanalyse s'est inventé pour atteindre et cerner l'inconnu.
Le deuxième intitulé “Pouvoirs du négatif” (2) est un ouvrage collectif dont les textes de très grande qualité ont un peu le parfum des morceaux choisis d'une anthologie. En vérité, le livre évoque plutôt un livre de pastiches, où chaque auteur se