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Qu'est-ce qui nous attirerait vers l'objet externe si ce n'était, fondamentalement, l'attrait de l'AUTRE? Mais - et c'est peut-être paradoxal, se pourrait-il qu'il y ait attrait de l'autre s'il n'y avait, en même temps et tout aussi fondamentalement, des points communs avec lui, ou une illusion d'identité avec lui?
Je me pencherai ici sur certaines figures du même et de l'autre, en adoptant le point de vue que, tant sur le plan intra-psychique qu'interrelationnel, le même et l'autre ne peuvent s'envisager indépendamment mais fonctionnent comme deux pôles actifs de la psyché, avec préséance de l'un sur l'autre, selon les moments et/ou selon les systèmes considérés.
L'altérité sera dès lors envisagée sous l'angle de la limite entre le Moi et le non-Moi et sur le plan individuel, sous l'angle de différents systèmes intra-psychiques en interaction.
Je pointerai particulièrement les questions d'altérité par rapport au tiers et au cadre analytique, dans la perspective de la communication qui s'établit entre le patient et son analyste, en articulant mon propos avec des illustrations cliniques de ma pratique avec les adultes et les enfants.
Nous savons qu'un minimum de différences est nécessaire pour maintenir l'intégrité du fonctionnement psychique. Les expériences de privation sensorielle ont par exemple montré combien l'uniformisation du champ perceptif exerce une action désorganisatrice sur l'activité mentale. Mais ce n'est pas qu'au seul niveau sensoriel que l'appareil psychique a besoin d'un minimum de différences. Pour donner le meilleur de ses capacités, et a fortiori, pour être le plus créatif possible, d'autres différences lui sont nécessaires également. Je pense à celles qui s'établissent, d'une part entre le Moi et le non-Moi, et d'autre part, entre les systèmes Cs-Pcs et Ines, dont Green notamment a décrit l'articulation dans son article sur la Double limite (6). Plutôt que de considérer séparément la limite Moi-non Moi et la limite Cs-