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Mieux connu jusqu'ici sous le titre de Psychanalyse et médecine, ce plaidoyer de Freud, La question de l'analyse profane, en faveur d'une analyse dégagée de toute inféodation académique, développe un point de vue sans doute plus large que la question de la nécessité ou non d'un diplôme médical, même s'il est vrai que ce texte d'humeur est né en 1926 des ennuis rencontrés par Relk à la suite de la plainte d'un patient.
Une fois de plus, par sa rigueur, l'exposé de Freud, tout centré qu'il soit sur une question polémique, entraîne dans son sillage de multiples considérations d'ordre théorique ou pratique. C'est qu'il n'est pas simple de faire passer la spécificité de la découverte et de la pratique analytiques. Le ton s'y révèle solennel, emphatique et parfois même ennuyeux. Nul doute cependant que l'enjeu sous-jacent est d'envergure.
Pontalis nous le dit à sa façon, dans la Préface lorsqu'il insiste sur l'intérêt d'études académiques par rapport auxquelles l'analyse apparaîtra dans son originalité propre: “Pour que le psychisme soit reconnu comme réalité - ce qu'exige la psychanalyse - il est nécessaire qu'il puisse dans un premier temps être différencié d'une autre réalité et même opposé à elle, et que celle-ci ait eu aussi sa consistance propre, sa propre cohérence” (p. 19). Et Schneider à son tour, dans un Appendice en fin d'ouvrage, de souligner comment, à travers ce texte et le débat plus large auquel il donna lieu lors du congrès d'Innsbruck, “d'une question manifeste mais inessentielle, on aboutit enfin à une question essentielle: comment former les analystes, médecins ou non?” (p. 196).
L'actualité de tels propos ne peut nous échapper. A l'heure où l'Europe s'organise, la question de la reconnaissance officielle de la psychanalyse en tente plus d'un. Une initiative récente n'a-t-elle pas voulu organiser une “instance ordinale”?