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Une notion comme l'humeur paraît être dépassée et appartenant à des théories très anciennes. Pourtant dans ce numéro 32 de la Nouvelle Revue de Psychanalyse, différents auteurs s'évertuent à en montrer l'actualité et l'intérêt qu'elle peut susciter chez des psychanalystes.
Deux caractéristiques de l'humeur sont pointées en relief: son caractère changeant et son manque de représentation. Il signale un passage, un changement et il serait le retentissement dans le corporel des représentations non parvenues à la conscience ou l'indice confus d'affecta réprimés.
Quels sont les points de tangence avec la psychanalyse? On pourrait dire que la théorie de la libido est en quelque sorte une sexualisation de l'ancienne théorie des humeurs. On a maintes fois décrit la théorie de Freud comme faisant usage de métaphores hydrauliques. La libido pour Freud est comme l'humeur qui se déplace et se transforme. Il y a question de termes comme le flux, le barrage, l'angoisse flottante, le couple circulation libre-stase, fixation etc. Finalement l'humeur n'est ni un affect, ni une représentation.
Dans un article qui me paraît être une des contributions-clé de ce numéro, Laurence Apfelbaum-Igoin pose la question: l'humeur est-elle un rêve manqué? D'habitude, le rêve est vu comme une réalisation hallucinatoire (visuelle), parvenant à désamorcer le continu de sa charge affective. Dans l'humeur, il y aurait seulement passage de l'inconscient au préconscient de la charge affective (quoique restée vague, imprécise), sans l'élément représentatif. Le préconscient accepterait cet affect et à défaut de pouvoir exiger l'indifférence du rêve, il changerait carrément de camp et aiguillonnerait l'ennemi même en lui offrant en pâture toutes les perceptions de la journée.
Plusieurs articles s'occupent à mettre en lumière cette ancienne théorie hyppocratique et galénique des humeurs et à déchiffrer son imaginaire ainsi que de mettre en valeur ses liens avec des conceptions actuelles. Retiennent encore l'atte