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Depuis que Winnicott y a consacré d'inoubliables pages, la solitude est au centre d'intérêt des psychanalystes. Comme souvent dans les numéros de la Nouvelle Revue de Psychanalyse, les aspects dialectiques du thème sont mis en lumière : tantôt la solitude est une valeur positive, recherchée comme un bien comme le dit Anzieu, pour arriver à un travail créatif; tantôt elle se présente comme négative et destructrice.
Deux thèmes, jouant un rôle important dans la théorie psychanalytique des dernières années, reçoivent beaucoup d'attention. Il ressort de plusieurs des articles que le rapport à la solitude met à l'épreuve le narcissisme du sujet : plus ses assises narcissiques sont solides, plus il supporte la solitude. L'accent est également mis sur le manque de représentation : celui qui se sent seul, ne se représente pas à ce moment ce qui lui manque.
Un malentendu, concernant la solitude et dissipé par l'étude de ce volume, est qu'elle est liée à l'idée de séparation et à la perte d'amour. Elle renvoie plutôt à une incomplétude fondamentale de l'être, le travail du négatif étant à l'oeuvre dans ce sentiment si tenace d'une absence. Ces idées se dégagent entre autres de l'article fondamental de Jean-Claude Arfouil-loux : “Celui qui ne cessait de m'accompagner”.
Ce volume situe bien le thème et donne amplement à réfléchir. On y trouve aussi les diverses solitudes décrites : celle de l'ermite, de l'autiste, de l'enfant endeuillé, del'homme exilé ainsi que celle du pianiste Glenn Gould.
Un sujet comme “La lecture” (N° 37) peut-il valoir la peine qu'un psychanalyste s'y consacre? C'est une gageure réussie dans ce fascicule.
Si la lecture est, comme le disait Proust, “un miracle fécond d'une communication au sein de la solitude”, il s'en suit