You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Il y a déjà un certain temps, nous étions, Madame A et moi, en train de faire des liens entre des événements de sa vie qui s'étaient succédés dans un court laps de temps : la maladie de son père, sa propre décompensation, celle de son frère, puis celle de sa soeur…. Pensive … Madame A réfléchit … puis me dit comme une évidence la phrase de Kipling : “Vous vous souvenez? La force du loup c'est le clan, la force du clan c'est le loup”.
Par cette petite phrase elle me pose plusieurs questions tant théoriques que techniques, mettant d'emblée en évidence les liens entre l'individuel et le groupal, entre l'individuel et le familial, la force qu'ils peuvent tirer l'un de l'autre mais aussi la fragilité qui peut en résulter. Elle pose la question de la place de l'objet dans le psychisme et de la façon dont il apparaît dans le processus psychanalytique. Il s'agit bien sûr d'objet interne, mais quel lien a-t-il avec l'objet réel? Et quand on parle d'objet réel, de quelle réalité peut-on parler? Enfin, quels sont les mécanismes psychiques mis en mouvement par ces différentes questions?
Il y a une grande peur - une grande résistance même - dans certains groupes psychanalytiques vis-à-vis de l'abord groupai ou familial : peur d'y perdre son identité, son identité d'analyste entre autre, tant il est vrai que l'approche groupale peut susciter en chacun de nous un fond symbiotique, mêlé d'angoisses les plus archaïques.
Pourtant, s'il est important de situer le travail analytique dans sa spécificité, c'est-à-dire axé sur la réalité psychique telle qu'elle se révèle dans le cadre analytique au coeur même de la relation transfert - contre transfert, il faut aussi pouvoir rester ouvert à certaines évidences cliniques, rester ouvert à l'imprévu :
“Le domaine des idées y compris les pensées et les sentiments de toute sorte concerne la psychanalyse” nous dit Bion, “toute tentative de classifier le matériel dont nous nous occupons devrait être regardée comme provisoire, c'est-à-dire comme une