You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
L'article qui suit comprend deux parties. La première montre, à partir d'un texte de WINNICOTT, les contradictions auxquelles la pensée dualiste contraint les analystes dans leur theorisation. La seconde introduit un point de départ nouveau permettant de dépasser l'irréductibilité de certaines de ces contradictions.
Le texte de WINNICOTT que nous allons étudier porte sur la différence existant entre ce qu'il appelle la relation à l'objet et l'utilisation de l'objet.
Nous connaissons bien, dit-il, ces cas où l'interprétation s'avère irrémédiablement inefficace. Les interventions de l'analyste semblent perpétuellement s'engluer à l'intérieur du psychisme du patient, ne jamais représenter pour lui un véritable apport extérieur qui l'obligerait à restructurer son mode de fonctionnement mental.
Qu'on se souvienne à ce sujet de tout ce qui a été longuement décrit par KOHUT dans tous ces cas qu'il qualifie de transferts narcissiques.
Ces observations, dit WINNICOTT, nous apprennent une chose : à savoir que l'interprétation, pour être efficace, nécessite un préalable. Elle présuppose que le patient ait déjà réalisé une acquisition fondamentale : avoir constitué l'objet comme véritablement autre que soi.
Lors du traitement des cas limite, cette acquisition faisant défaut, le travail risque de stagner indéfiniment et de se terminer, faute de mieux, par l'installation d'un faux self. La véritable relation d'objet ne peut jamais se constituer, l'analyste ne pouvant jamais être placé par le sujet en dehors de l'aire de ses phénomènes subjectifs. Il importe donc d'examiner comment s'élabore cette constitution de l'objet en tant qu'indépendant du sujet. C'est bien là qu'intervient la distinction entre la relation et l'utilisation.
“Le mode de relation à l'objet, dit WINNICOTT, est une expérience du sujet que l'on peut décrire par simple référence