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L'importance du cadre en tant qu'élément fondateur du processus analytique, “cadre pour penser”, comme nous le rappelait ici même A. Alsteens (1984, 1987), n'est plus à démontrer. Cependant, la complexité des mécanismes que draîne l'action du cadre me paraît loin d'être cernée. Des expériences analytiques, dont je ferai état plus loin, m'ont, en tout cas, incitée à creuser plus avant les questions que suscite l'utilisation du cadre.
Avant d'aborder les observations cliniques qui ont retenu mon attention, je rappellerai brièvement quelques données de base et les interrogations qu'elles ont réveillées pour moi.
Le cadre, instauré par le contrat qui lie analyste et analysant, comprend classiquement les conditions spatio-temporelles et pécuniaires qui régissent les rencontres analytiques ainsi que la mise à la disposition de l'analysant du fonctionnement psychique de l'analyste. J'aurai à revenir sur l'amalgame de ces différents paramètres, conditions matérielles et conditions psychiques en particulier.
Fortuit et subjectif dans l'expérience de Freud, le cadre devient, au fil de l'expérience analytique, une structure nécessaire au déploiement du processus analytique (J.L. Donnet, 1973). Pour le névrosé, il est pertinent et, en principe, silencieux. C'est dans la rencontre avec les “états limites” que sa pertinence est mise en échec : chez eux, avant d'accéder à l'utilisation de l'analyste (Winnicott), ce sont les difficultés d'accepter le cadre qui envahissent l'avant-plan de la scène analytique.
Ces difficultés ont été à l'origine des tentatives de théorisation du cadre chez les auteurs qu'il intéresse. C'est à reconsidérer ces théorisations que naquit ma perplexité. En effet, le survol de certaines d'entre elles (et mon énumération ne se veut nullement exhaustive) confronte à une disparité qui ne peut manquer de susciter les interrogations. Parmi les auteurs, les uns insistent sur l'élément tiers que constitue le cadre; pour d'autres, il représente l'”objet transitionnel”