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L'ouvrage de L. CHERTOK et I. STENGERS représente incontestablement une gageure. Proposer à des psychanalystes une réflexion épistémologique concernant leur discipline en leur montrant que ce qu'ils pratiquent ne se différencie finalement en rien de la suggestion hypnotique c'est nécessairement les prendre à rebrousse-poil de la façon la plus adéquate à leur faire refermer le livre après cinquante pages. Manifestement, une petite odeur de règlements de comptes plane aux avant postes.
Il serait toutefois d'autant plus dommage de ne pas passer outre cet aspect qu'au-delà du côté provocant du travail se cache un ensemble de considérations propres à éveiller l'imagination et la réflexion.
Pour une fois en effet voilà une critique bien différente de celles dont nous sommes régulièrement abreuvés. Critique d'ailleurs dont nous pourrions dire qu'elle s'attaque tout autant, si pas plus, à nos détracteurs habituels qu'à nous.
Le propos consiste en effet à mettre en question non pas l'ensemble des découvertes de Freud et de ses successeurs mais bien le contexte scientiste qui en a toujours sous-tendu la formulation. Partant du texte “L'analyse avec fin et l'analyse sans fin”, les auteurs concluent: “… que la psychanalyse telle que l'avait voulue Freud est un échec: non pas au sens où elle serait inférieure à d'autres pratiques thérapeutiques, mais au sens où, pas plus que les autres, elle ne permet de comprendre ce que produit une cure… Comme les astronomes d'avant Kepler multipliaient les épicycles pour sauver le mouvement des