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Le point de départ de cette réflexion (1) est une observation clinique qui m'est apparue comme une énigme, dans le cours de la psychothérapie d'un homme d'une trentaine d'années. Par la suite, mon attention s'est portée sur l'utilisation qui est faite par certains patients, souvent de manière secrète ou du moins connue seulement de quelques intimes, d'un ustensile, d'une série d'actes ritualisés ou d'un fantasme dans des activités qui, à la différence du fétichisme, ne s'accompagnent pas d'une excitation sexuelle, mais qui par ailleurs, à la différence des compulsions et des rituels de la névrose obsessionnelle, occasionnent un certain plaisir ressenti comme tel ou du moins sont admises par le sujet qui ne les ressent pas comme des contraintes. Cette particularité est considérée par le sujet comme faisant partie de sa vie intime, quoique n'ayant pas de rapport direct avec sa sexualité; la signification en est pour lui obscure, mais très souvent il peut y associer, de manière consciente, un souvenir déterminé de son enfance; parfois, comme chez mon patient, le lien avec un objet transitionnel de la petite enfance est manifeste. Ces faits cliniques m'apparaissent comme intermédiaires entre ce qui appartient encore au champ transitionnel et ce qui entre déjà dans le domaine du fétichisme. J'en présenterai trois illustrations, deux, dont celle à laquelle je faisais allusion pour commencer, étant issues d'un travail psychothérapeutique avec des patients adultes, la troisième étant celle d'un enfant pour lequel plusieurs consultations thérapeutiques ont permis la reprise d'une évolution personnelle et familiale satisfaisantes.
Ce matériel clinique invite à une exploration de l'entredeux qui sépare des théories hétérogènes, celle des phénomènes transitionnels de Winnicott, qui entend décrire une phase normale du processus d'individuation chez l'enfant, et la théorie psychanalytique - sans doute vaudrait-il mieux employer ici la forme plurielle - du fétichisme, q