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La place de la réalité dans la relation du patient avec nous, mais plus largement encore dans tout ce qui a pu affecter son histoire et l'affecte aujourd'hui, a retenu récemment notre attention et nous a permis de décoder trois pistes de réflexion : réalité de la situation analytique (y compris l'analyste), réalité extérieure, réalité “historique” (1). Comme nous le disions dès alors, le cadre analytique se situe nécessairement toujours, pour le patient, à la frontière de la réalité psychique et de la réalité (p. 38). Mais ce n'est pas seulement le propre de la situation analytique, c'est le propre constant de toute situation humaine. Nous venons avec notre subjectivité propre au devant des événements, ou ceux-ci viennent à notre rencontre en nous interpellant dans notre subjectivité. Jamais rien n'est du coté du sujet ni de l'objet, mais toujours à la rencontre des deux.
Pour introduire ici notre réflexion, qu'on nous permette de rappeler ce que nous écrivions alors de la “réalité de l'analyste” : “L'étude des réactions du patient (aux erreurs du thérapeute), rarement directes, souvent exprimées de manière inconsciente, au mieux à travers les associations, au pire par d'autres moyens (rupture d'alliance, acting-in et -out, terminaison prématurée, réponses erotiques, symptômes aigus) démontre la participation active de l'analyste à l'élaboration du fil conducteur d'une séance, et plus encore de l'ensemble d'une cure”. Et je poursuivais : “Cette façon de voir met en cause certaines prémisses familières à la conception classique : la neutralité bienveillante avec l'image de l'analyste pur miroir; l'association libre conçue comme dépourvue de toute interférence de l'analyste; la pathologie réputée ne venir que du patient; le transfert comme pure projection de celui-ci. Certes, ces divers concepts gardent un intérêt évident, mais ils méritent d'être sérieusement amendés dans le sens d'une meilleure appréhension de ce qu'implique la relation entre patient et analyste. Fr