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Il peut paraïtre banal, et peut-être désuet, de rappeler que l'autisme est un processus pathologique qui s'installe très précocement dans la vie des enfants qui en sont atteints. D'autant qu'à relire la littérature consacrée à la psychose infantile, il est clair que l'âge d'apparition de la Symptomatologie constitue un des critères les plus sûrs pour distinguer ce qui appartiendrait à la psychose d'une part et à l'autisme de l'autre; l'autisme se déclare plus précocement.
Tout se passe d'ailleurs comme si en l'absence de critère étio-pathogénique plus précis, c'est cette seule différence qui permettait de distinguer, le plus sûrement, les formes de psychoses infantiles les unes des autres. Reste à savoir si cette phénoménologie de la temporalité est de quelque importance sur la nature et la structure même des situations pathologiques qu'elle définit. Ainsi, l'autisme se développe à un moment où des fonctions mentales telles que les notions de corps propre, d'espace, de temps et le langage ne sont pas encore constituées mais en voie de constitution. Il importe, dès lors, de savoir si cette forme de pathologie influence ou non le développement de ces notions, d'abord intuitives et peu précises, mais qui sont indispensables à l'établissement de la capacité de penser. Le cas de Pierre, rapporté ici, est tout à fait exemplaire de ce genre de situation : tout s'est passé comme si à un moment donné de son évolution thérapeutique, c'est la notion de continuité temporelle qui lui avait posé problème : “reste-t-on identique à soi-même quand le temps passe ou bien le temps nous transforme-t-il radicalement au point de nous rendre étranger à nous-mêmes?”. Question qui n'est pas sans intérêt théorique et thérapeutique.
Sur un plan théorique, ce genre de situation clinique nous contraint à nous interroger sur le statut théorique et l'importance que nous accordons à la phénoménologie des psychoses infantiles. Dans bien des écrits, il semble qu'on confonde trop souvent ét