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Explorer et pénétrer les choses sont synonymes pour l'inconscient, dit Mélanie Klein. Comme il y a des gens chez qui la pulsion épistémophilique semble s'exercer assez librement, il faut penser qu'il existe des conditions d'exploration correcte. Je vais tenter de les définir à l'aide d'un rêve fait par un homme qui n'est pas en analyse, ni chez moi ni ailleurs, et dont la vie professionnelle et le fonctionnement mental donnent à penser qu'il apprend et se sert de son savoir sans inhibition décelable.
Ce rêve a été raconté dans une conversation ordinaire, pour le plaisir qu'y prenait le rêveur :
“Je voyais une cathédrale, du XIXème siècle, très belle, immense, que je n'avais encore jamais vue. Je souhaite la visiter, je rencontre l'évêque qui s'en occupe et qui est tout disposé à me la montrer, mais dans une heure. Je dois attendre. Ma femme qui m'accompagne décide d'aller faire un tour dans le quartier pendant ce temps-là. La cathédrale est immense, haute, comme sans fond. Je regarde en attendant, je vois des choses très, très belles. Ma femme ne revient pas, je visiterai sans elle”.
Le rêveur, au cours de son récit, que j'ai simplifié, insiste souvent sur la beauté de ce qu'il voit. Il mentionne aussi que le XIXème siècle n'a pas construit ce genre de monument, et il est conscient, lors de son récit, qu'en vérité il est l'auteur de ce qu'il y voit. Mais le plus important me parait être l'évêque, qui va guider la visite. Les évêques ne font jamais visiter leurs églises, cependant c'est leur maison, c'est là qu'ils sont chez eux. D'une certaine manière, eux seuls peuvent donner licence d'y pénétrer, au moment qu'ils choisissent, et le rêveur ne songe pas un instant à enfreindre la règle “dans une heure” qui lui est proposée. Il ne dépasse pas l'entrée de la cathédrale, et de là regarde ce qui s'offre à sa vue. Il fait plus : il écarte sa femme. Dans la conversation qui a suivi, la femme du rêveur a dit en riant : “Je n'aurais jamais eu le courage d'attendre !” - et - “C