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Le problème du narcissisme ne relève pas d'une seule entité pathologique mais se retrouve comme composante essentielle de tous les tableaux cliniques. Le compartimentage nosologique constitue ici, comme souvent d'ailleurs, un obstacle épistémologique plus qu'une aide pour comprendre la spécificité de chaque organisation narcissique. On peut envisager le narcissisme du point de vue pathologique et se poser alors une double question: quelles sont les modalités d'aménagement déficitaire que l'individu a mises en place par rapport à sa faille narcissique et quelles sont les modalités de récusation de l'objet qui sont utilisées.
Il peut exister une faille narcissique avec création d'un emplâtre, d'un substitut d'identité, c'est-à-dire d'une pseudoidentité par l'hypertrophie d'une fonction partielle, une sorte de métonymie narcissique où la partie est censée représenter le tout. Cette fonction hypertrophiée peut être l'intellectualité dissociée du psychésoma. L'esprit s'est réfugié dans la tête et l'apparition de symptômes ou de réactions psychosomatiques, dans ce cas, est le signe favorable d'une ré-installation dans le corps. Mais n'importe quelle fonction psychique peut être dissociée ainsi et utilisée comme représentant narcissique: la sexualité, l'esthétique, la morale, la santé mentale, peuvent également s'afficher comme preuve de son “existence”. Cette inflation dissociée est accompagnée d'une revendication masquée de perfection et elle est en même temps colorée d'une insidieuse propagande qui exerce un évident pouvoir de fascination. Elle méduse et sidère car toute l'énergie est vouée à faire disparaître la guenille sous le brocard. Celui qui peut se dire que c'est trop beau pour être vrai, se déprend de la fascination, et est un sage.
Les processus de pensée, dans cette organisation-ci, relèvent de ce que Bion (1970) a dit à propos du mensonge: “Il faut au mensonge un penseur pour penser, alors q