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Les exposés de A. et J. Capiaux, de J. Harpman, et de J. Godfrind rendent compte de l'extrême complexité des problèmes liés à la dimension narcissique à laquelle toute analyse nous confronte inévitablement.
Je ne peux proposer ici que quelques réflexions cherchant à marquer certains repères.
A. et J. Capiaux nous parlent de failles dans la constitution de l'identité et de diverses stratégies utilisables pour survivre psychiquement vaille que vaille à une infirmité fondamentale.
Il me semble que J. Harpman nous parle plutôt des manoeuvres d'un sujet déjà existant pour échapper à une douleur dépressive intolérable. Il y a là deux niveaux différents.
Peut-on les penser en terme de narcissisme primaire ou secondaire?
La notion de narcissisme primaire me paraît chargée d'ambiguïté en ce qu'elle pose le problème, aujourd'hui très discuté, d'un éventuel état anobjectal.
Je préfère parler de fondement de l'identité, concept qui se rattache au problème, peut-être plus philosophique que psychanalytique, de l'avènement du sujet.
Il s'agit, à ce niveau, de la continuité de l'être, vécu comme distinct, et comme sujet de la perception, de l'action et de la pensée.
Nous pourrions garder la notion de narcissisme secondaire pour désigner l'investissement de soi qui s'alimente à l'investissement par l'objet et permet une autonomisation relative par rapport à celui-ci.
Selon le langage que nous utilisons, nous pouvons parler à ce propos du registre de la constitution des objets internes, ou de celui des identifications constitutives du moi.