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Avec un bref ouvrage collectif, au titre suggestif, Le mal d'être moi, l'équipe de la consultation pour adolescents de l'Université catholique de Louvain, témoigne de sa préoccupation de ne pas voir se greffer, autour de la crise adolescente et de ses enjeux, une vision ambigü et souvent pessimiste, dominée par une sorte d'hégémonie psychiatrique, friande de déceler le mal schizophrénique aux premières et moindres alertes.
L'ouvrage est cependant d'un propos plus large : “le mal d'être moi”. “Sans avoir jamais réellement donné la parole à l'adolescent lui-même, l'adulte le décrit dans le code de son savoir à lui, et forme de cet adolescent une image caricaturale”, pense devoir constater Poncelet, inquiète de voir l'adolescent enfermé dans une catégorie psychiatrique. Si une “prévention” est nécessaire, elle s'adressera moins, pense-t-elle, aux adolescents dits fragiles qu'aux “adultes trop souvent déboussolés”.
Les modifications corporelles, avec ce qu'elles suscitent d'inquiétude (Van Neste) ou ce qu'elles impliquent de “saut dans le réel” (Deschamps) permettent de dégager la perspective particulière dans laquelle se situe notre travail, comme psychologues, de “penseur”, de “médiateur” à travers la parole dont “la formulation fait oeuvre commune”. Ecouter, “dégonfler” la nécessité imaginaire, mettre des mots, reconnaître le sens sousjacent, s'intéresser à l'ordre très réel auquel il se confronte. Indiquons ici le côté original et surprenant de l'utilisation du test de Rorschach comme potentiel de médiation; ceci est bien la preuve que l'essentiel est de nouer le dialogue avec l'adolescent; la manière peut différer, le souci d'orthodoxie s'avérer suranné, et à cet égard “l'éthique du silence” (p. 46),