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On sait l'essor qu'a pris ces derniers temps les recherches sur la naissance de la vie psychique. D. Flagey a rendu compte, dans le n° 20 de la Revue Belge de Psychanalyse, de l'ouvrage de A. Ciccone et M. Lhopital; on se souviendra que ces auteurs réalisent une remarquable synthèse des théories les plus marquantes à ce sujet: en prenant E. Bick comme référence, ils intègrent les élaborations de Bion, Meltzer, Aulagnier.
Le livre de C. Athanassiou s'inscrit dans ce même courant de pensée, l'auteur proposant ses propres hypothèses quant aux “sources de la vie psychique”.
Le livre débute par un exposé théorique de ses conceptions. Avant d'en relever brièvement les éléments essentiels, il m'importe d'insister sur le fait qu'il serait dommage que le lecteur se laisse rebuter par l'aspect souvent ardu de cette lecture, risquant de manquer ainsi la deuxième partie, clinique celle-là, qui passionnera tout thérapeute d'enfant, particulièrement si la psychose l'intéresse.
Revenons aux développements théoriques proposés par C. Athanassiou. L'auteur s'appuie, plus spécialement, sur les théories de Bion et d'E. Bick pour développer ses propres hypothèses. De E. Bick elle reprend les notions d'agrippement et d'adhésivité pour caractériser les premiers modes de relation à l'objet, antécédents de l'identification projective. Mais surtout, c'est à Bion qu'elle fait appel pour théoriser les modalités d'émergence de la pensée. Ce n'est pas le moindre mérite de l'auteur de nous rendre accessible aux théories exposées par Bion dans son ouvrage “Transformations”.
L'hypothèse centrale de C. Athanassiou est, en effet, basée sur le développement des conceptions de Bion sur les transformations dans l'hallucinose, mode de fonctionnement qui correspond à la relation adhésive à l'objet. Moment de constitution de