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La lecture d'un livre s'inscrit dans un réseau d'intérêts: j'ai choisi de lire l'ouvrage de Sophie de Mijolla-Mellor après celui d'Athanassiou. “Le “plaisir de pensée” attisait ma curiosité: de la naissance de la pensée au plaisir de son exercice, le chemin me paraissait prometteur.
La contiguïté de ces lectures accuse la considérable différence d'abord entre les deux auteurs. S. de Mijolla-Mellor est professeur d'université, agrégée de philosophie; en tant qu'analyste, elle appartient au IVème groupe OPLF, celui auquel appartenait P. Aulagnier. Son ouvrage témoigne de ces caractéristiques: ouvrage érudit, essentiellement théorique, feu d'artifice de références littéraires et philosophiques, il relève de l'essai de psychanalyse appliquée.
L'auteur s'interroge, elle aussi, sur l'origine de la pensée. Les réponses qu'elle apporte ont un caractère spéculatif, dans le prolongement des thèses de Freud et proche des théories de P. Aulagnier: elle se livre à un intéressant développement sur la pulsion d'investigation, antérieure à celle que Freud associait à la curiosité sexuelle (pulsion épistémophilique de M. Klein), dont l'investissement s'opère parallèlement à la recherche de l'objet et son corollaire, le manque de l'objet. L'auteur se réfère à l'opinion de Freud selon laquelle la pensée fut à l'origine inconsciente. Il existerait une représentation première qui s'impose d'elle-même, la psyché se