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La psychanalyse a parfois eu la réputation de faire fi du corps. Ceux qui la connaissent de plus près savent qu'il n'en est rien, et j'en ai témoigné moimême en indiquant que le corps n'en existe jamais autant, dans son authenticité, que quand il n'est pas “exhibé” (RBP, n° 9, p. 46).
Deux ouvrages ont retenu mon attention, à ce propos, ces derniers temps, sans que j'aie trop honte d'en rendre compte aujourd'hui, alors qu'ils sont déjà sortis l'un et l'autre depuis un moment. Dans le domaine qui nous occupe, le temps n'a pas la même séduction qu'au Journal Télévisé, et sa mesure devient même un gage de sérieux.
Avec Tustin, déjà bien connue du public francophone, c'est l'extension du propos qui nous interpelle. Ainsi, l'autisme ne se limite plus à une pathologie bien restreinte, délimitée, étrangère à nos préoccupations plus ordinaires, mais voilà qu'il vient nous questionner sur le terrain même de la névrose. D'inquiétante, la question ainsi posée nous est vite apparue passionnante! L'A. évoque ainsi l'existence d'un secteur préservé, d'une sorte d'enclave autistique, d'une part de soi gardée à l'écart, plus souvent présente qu'on ne le croit auprès de patients que nous considérons par ailleurs, à juste titre, comme des névrosés.
“Plus tôt l'analyste prend conscience de cette part cachée du patient, écrit S. Klein, moins il y a de danger que l'analyse se transforme en un dialogue intellectuel interminable et dénué de sens, et plus il y a de possibilités que le patient parvienne à un équilibre relativement stable”. Cet exergue, choisi par Tustin, en quelque sorte par modestie, au début de la seconde partie du livre, traduit exactement tout l'intérêt de ce texte à la fois clinique et théorique. Vraiment, comme clinicien, je me suis senti interpellé au long de ces pages, et il semblera sans doute étrange à certains, mais c'est ainsi, que j'ai trouvé beau ce texte, même s'il me parlait d'expériences douloureuses, difficiles, promptes à s'effacer, mais tellement indicatric