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Il me semble qu'il y a dix ans environ que j'ai commencé à utiliser le concept de “per-agir” dans mes réflexions personnelles concernant certains phénomènes que j'ai rencontrés dans mon travail. Depuis lors, l'idée a gagné de l'importance dans la manière dont je considère le changement au niveau du fonctionnement inconscient. Dans certains cas j'ai l'impression que la perlaboration dans le sens de l'interprétation répétitive d'une certaine signification dans des contextes différents, rendant de la sorte les résistances du Ça aussi bien que du Moi plus accessibles au vécu, ne suffit pas à procurer un changement satisfaisant. Je veux dire par ceci que parfois, bien que la perlaboration amène des changements de comportement, d'attitude ou de structure, l'analysant ne se ressent pas soulagé ni satisfait. “Il y a quelque chose qui manque, on doit faire quelque chose de plus” peuvent être ses paroles pour exprimer l'insuffisance. Bien sûr, l'analyste dans cette situation peut avoir, comme j'ai eu d'abord moi-même, la première réaction de penser qu'une perlaboration supplémentaire est nécessaire. Mais, à ma grande surprise, j'ai découvert que certains de mes patients m'ont informé littéralement de ce qui était nécessaire pour obtenir le résultat désiré, c'est-à-dire qu'il fallait faire quelque chose.
C'est sur cette manière de faire, de sa place et dans le fonctionnement psychique et dans la pratique psychanalytique que je voudrais me pencher.
Une seule fois pendant la période du développement de ma pensée ai-je rencontré l'expression “per-agir” (acting-through). T.B. Bieber (1971) l'utilise - bien que ce soit en passant - pour indiquer un type de patient dont la façon de résoudre leurs problèmes personnels consiste plutôt en un “per-agir” qu'une perlaboration. Bieber décrit ces patients comme contraints à assimiler la connaissance intuitive de soi par des engagements interpersonnels non structurés, non systématiques, non impliqués (p. 160) et il imagine qu'ils p