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Le champ de la créativité est d'une telle étendue qu'on se demande comment l'appréhender, quel angle de vue adopter et quelle voie suivre pour y pénétrer. Un sentier se donne à voir qu'aussitôt une multitude de ramifications surgissent, confluant ou divergeant laissant les promeneurs que nous sommes déconcertés, indécis, mais néanmoins intrigués et curieux.
Force m'a donc été de faire un choix et d'accepter que ce sont mes propres structures subjectives qui ont orienté cette approche, avec ce que cette subjectivité suppose de limites, de résistance personnelle et de lacunes.
Je serais tentée d'envisager la créativité et la création comme une vaste architecture aux multiples modules, articulés, emboîtés les uns aux autres, certains bien visibles, en pleine lumière, d'autres cachés dans des zones d'ombre, confinant parfois aux trous noirs…
J'espère rendre cette conception plus explicite au fur et à mesure qu'il sera question de créativité dans son sens large et de créativité dans la situation plus spécifique de la thérapie car il existe entre ces domaines, comme nous le verrons, des points de convergence et des différences fondamentales.
Je viens d'évoquer la créativité et la création et c'est le moment, d'entrée de jeu, d'en faire la distinction. La créativité signifie, selon le Robert, le pouvoir de création, d'invention, tandis que la création désigne l'action de donner l'existence, de tirer du néant, mais aussi ce qui est créé. Nous voilà immédiatement confrontés à l'hétérogénéité des plans (qui renvoie d'ailleurs à l'hétérogénéité du psychisme) : plan de la potentialité si on considère la créativité, plan de la réalisation quand il s'agit de création.
On pourrait dire, cependant, qu'au coeur de la créativité, comme de la création, se situent le manque et l'absence dans le sens où créer implique de faire advenir quelque chose qui précédemment n'existait pas.
Prenons donc comme point de départ le manque, l'absence, le vide.
Selon certains psychanalystes, le désir de créer