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En 1970, paraissait le premier livre de Serge Viderman, “La construction de l'espace analytique” (1). Il suscita au sein de la Société Psychanalytique de Paris une polémique passionnée, les principaux adversaires étant Francis Pasche et Michel Renard. L'enjeu le plus évident de la querelle était une divergence théorique au sujet de la conception du passé dans la cure.
En 1973, les protagonistes du débat se retrouvent au colloque de Deauville (2), F. Pasche avec un texte intitulé “Le passé recomposé”, Viderman avec le célèbre “La bouteille à la mer” qui sera à l'origine de son prochain livre : “Le céleste et le sublunaire” (3).
Le texte qui va suivre est presqu'identiquement celui intitulé - Espace analytique et interprétation - d'un exposé que j'ai fait à la Société Psychanalytique de Paris, le 19 mai 1992, en hommage à Serge Viderman qui venait de disparaître. Il était couplé à l'exposé (4) de Bernard Brusset, intitulé “Lire Viderman” qui resituait l'oeuvre dans son temps.
Mon propos est centré sur la contribution de l'auteur à une théorie de la cure. Ce que j'appelle “l'invention” de Viderman réunit son concept d'espace analytique et la théorie de l'interprétation qui lui est liée.
Dégager l'épistémologie propre à la psychanalyse, aider celle-ci à accoucher de sa propre spécificité tant aux niveaux théoriques que pratiques, tel a été le but essentiel de l'oeuvre. Faire ce que Freud, en homme de son temps et du XIXème siècle n'a pu faire, lui qui aurait voulu au contraire faire entrer (5) “… la découverte de l'inconscient et l'aménagement de la situation spécifique qui en rend la lecture possible dans des cadres épistémologiques qui ne pouvaient ni les admettre ni les contenir”. Or, la découverte de Freud était en avance sur ses propres cartes conceptuels, Freud était en avance sur son temps et ne le savait pas.
L'oeuvre de Viderman sera une contestation sans fin de l'illusion que la psychanalyse puisse être apparentée aux sciences célestes, autrement dit aux sciences d