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Ambitieux et difficile, cet ouvrage tente de cerner la notion complexe d'identification projective, tant par ses répercussions sur l'évolution individuelle que ses implications dans l'évolution sociale. L'accent y est mis constamment sur la dimension claustrophobique du phénomène, négligée jusque-là au profit de la dimension identificatoire qui induit grandiosité, états confusionnels et psychotiques dépressifs.
Dans la première partie, après une évocation de la conception kleinienne de l'identification projective, l'auteur retrace les différentes étapes de son élaboration personnelle, telle qu'elle transparaît au décours de ses écrits.
L'article princeps “Les rapports de la masturbation anale avec l'identification projective” (Int. Journ. Psychoanal., 1966, 47) y est republié in extenso. Il n'est peut-être pas inutile de rappeler l'importance capitale de ce texte qui envisage, pour la première fois, l'existence de mécanismes d'identification projective opérant sur des objets internes. Leur action favorise la formation d'un caractère pseudo-adulte et l'évitement du conflit oedipien. Elle altère les objets internes, induit des vécus claustrophobiques et des angoisses hypochondriaques.
Reproduit intégralement, le chapitre deux du “Processus psychanalytique” intitulé: “Le tri de confusions géographiques”, décrit l'abandon progressif du recours à l'identification projective massive. En début d'analyse, ce recours s'opère à chaque séparation. Effaçant les frontières entre self et objet, il permet d'échapper aux vécus infantiles intolérables.
L'expérience répétée d'un objet externe (analyste) accueillant les parties du self en détresse et les débris des objets internes attaqués, pour restituer les unes soulagées et les autres restaurés, rend possible rétablissement du “sein-toilettes” (“toilet-breast”) dans la réalité psychique. L'abandon de l'identification projective massive devient alors envisageable.
Dans une réflexion après-coup, Meltzer critique le concept d'identificatio