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Les travaux psychanalytiques consacrés spécifiquement à l'alcoolisme sont plutôt rares. Dans les premiers écrits, les propos concernant cette pathologie se retrouvent dans des textes traitant plus globalement des toxicomanies.
En 1973, paraît “Pour une psychanalyse de l'alcoolisme” (Ed. Payot) de A. de Mijoila et S.A. Shentoub. La recherche des auteurs part d'un matériel clinique constitué d'entretiens uniques, d'une heure, avec des patients alcooliques graves, hospitalisés dans un service psychiatrique parisien. L'analyse fine de ces entretiens et l'élaboration théorique qui en découle en font un ouvrage de référence fondamental.
A mes yeux, “La problématique alcoolique” de Michèle Monjauze se révélera comme une autre référence fondamentale à tout analyste ou psychothérapeute, qui a bien réalisé que les patients alcooliques graves le mettaient en contact avec des zones du psychisme, à peine organisées, le confrontant ainsi à des angoisses archaïques, qui rendent la position contre-transférentielle particulièrement inconfortable.
Comme matériel clinique de départ, Michèle Monjauze utilise l'enregistrement de réunions de groupes d'alcooliques, au sein d'un service de psychiatrie. Les groupes ont “une composition mouvante”. Y participent des patients hospitalisés depuis longtemps, d'autres en cure de sevrage, certains de “passage” le temps d'une crise, ainsi que plusieurs patients en traitement ambulatoire.
Le chapitre intitulé “L'alcoolique caché dans les écrits psychanalytiques qui le décrivent” passe en revue les articles de disciples de Lacan, comme Jean Clavreul, Charles Melman, Michel Lasselin, Jean-Paul Descombey (“Alcoolique, mon frère, toi”). L'approche freudienne classique est