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Comme son nom l'indique, il s'agit de l'application de la psychanalyse à des domaines extra-médicaux. Dans le Vocabulaire de la Psychanalyse, J. Laplanche et J.-B. Pontalis définissent la psychanalyse comme “une discipline fondée par Freud et dans laquelle, avec lui, on peut distinguer trois niveaux”. Ce qui nous intéresse ici, c'est le premier niveau, celui “d'un procédé d'investigation consistant essentiellement dans la mise en évidence de la signification inconsciente des paroles, des actions, des productions imaginaires (rêves, fantasmes, délires) d'un sujet. Cette méthode se fonde principalement sur les libres associations du sujet qui sont le garant de la validité de l'interprétation. L'interprétation psychanalytique peut s'étendre à des productions humaines pour lesquelles on ne dispose pas de libres associations” (c'est moi qui souligne), ce qui est évidemment le cas dans la psychanalyse appliquée.
Au début de son oeuvre, Freud a utilisé ce “procédé d'investigation de processus mentaux à peu près inaccessibles autrement”, autant pour comprendre les troubles mentaux (les psycho-névroses) que le mode de fonctionnement du psychisme en général. Son intérêt, nous le savons et mes collègues vous l'ont longuement rappelé, se centre d'abord sur les hystériques, mais sa correspondance avec Fliess et certains écrits montrent combien sa curiosité se tourne vers des événements de notre vie quotidienne : les rêves, les oublis, les actes manqués. Précocement, il applique aussi sa méthode de compréhension à des oeuvres littéraires. Dans certains cas, il n'est pas aisé de décider si tel ou tel écrit appartient exclusivement à la psychanalyse appliquée. Car théorie, clinique et application sont étroitement liés. Peu importe d'ailleurs, car chaque oeuvre de Freud témoigne de son inlassable curiosité, de la joie qu'il éprouve en débusquant le sens latent d'un phénomène et de rimportance qu'il attache à convaincre son lecteur du bien-fondé de son argumentation.
Ce sont les trois